2025 marque un seuil inattendu : le rendement des fonds euros, jadis pilier de l’assurance vie, tombe sous la barre des 2,5 %. Difficile de faire plus explicite : la vieille promesse de l’épargne sans risque s’écaille, et les chiffres ne mentent pas. Depuis plus d’une décennie, les taux d’intérêt s’effritent, rabotant méthodiquement la performance de ces supports. Les épargnants, eux, voient leur fidélité mise à l’épreuve.
Dans ce climat, la collecte nette sur les fonds euros ne cesse de rétrécir pour la quatrième année consécutive. Entre inflation persistante et montée en puissance des alternatives, unités de compte ou PER en tête, le réflexe « fonds garanti » ne suffit plus. Les assureurs sont au pied du mur : il leur faut transformer leur offre, repenser leur discours, réinventer leur rapport à l’épargnant, sous peine de voir ce dernier tenter l’aventure ailleurs.
Fonds euros : pourquoi l’engouement s’essouffle en 2025 ?
Les chiffres ne laissent place à aucune interprétation : la performance des fonds euros ne tient plus la distance. En 2025, le rendement moyen plafonne à 2,5 %, bien en dessous du niveau de l’inflation. Pour des épargnants attachés à la sécurité et à la garantie du capital, la déception est tangible. Le socle de rentabilité qui justifiait autrefois la confiance dans ces contrats se fissure. Côté assureurs, la pression est double : comment concilier la demande de garanties et le contexte d’intérêts au plus bas ?
Le modèle historique des fonds euros montre clairement ses limites. Une gestion prudente, centrée sur les obligations d’État à long terme, bride aujourd’hui toute possibilité de retour significatif. Conséquence directe : les versements sur les contrats d’assurance vie en euros reculent, au profit de supports plus dynamiques, comme les unités de compte.
Plusieurs facteurs expliquent cette désaffection croissante :
- Les rendements des fonds euros poursuivent leur lente érosion
- L’inflation persistante réduit la rémunération réelle
- La soif de diversification pousse vers d’autres horizons
Le message du marché est sans appel : la formule « fonds euros plus » ne convainc plus. Les clients scrutent désormais la performance, comparent, exigent davantage. Les compagnies d’assurance, quant à elles, multiplient les restrictions : plafonds, conditions particulières, incitations vers des supports dynamiques ou plus exposés au risque. En filigrane, c’est toute la structure de l’assurance vie qui se recompose, poussée par un changement de paradigme.
Comprendre le fonctionnement et les atouts des fonds euros
Au cœur de l’assurance vie, les fonds euros ont longtemps incarné la sécurité absolue. Leur principe est limpide : chaque euro versé bénéficie d’une garantie, hors frais et fiscalité. Les intérêts générés chaque année viennent consolider définitivement le capital, grâce à un mécanisme bien connu des initiés : l’effet cliquet. Ce système rassurant, solidement ancré dans l’épargne française, explique en grande partie le succès historique de ces supports.
La gestion des fonds euros repose sur une logique collective : l’assureur mutualise les versements de ses clients, investit l’essentiel dans des obligations d’État ou d’entreprises, puis redistribue les rendements, nets de frais, à tous les détenteurs du contrat. Cette structure garantit la stabilité, mais réduit mécaniquement le potentiel de gain, surtout lorsque les taux d’intérêt stagnent au plancher.
Trois avantages principaux ont longtemps fait la force des fonds euros :
- La sécurité du capital, avec une protection systématique contre la perte
- La disponibilité de l’épargne, qui reste accessible à tout moment
- L’effet cliquet, qui rend chaque intérêt définitivement acquis
Typologies et évolution
Si la version traditionnelle domine, de nouveaux modèles de fonds euros ont vu le jour : fonds dynamiques, fonds immobiliers, intégrant une part d’actifs plus risqués pour tenter de redresser la performance. Le principe de sécurité reste affiché, mais la réalité du marché incite désormais à réévaluer la place de ces supports dans une stratégie patrimoniale cohérente.
Quels rendements réels attendre cette année ?
Pour ceux qui scrutent leur contrat d’assurance vie, la question du rendement s’impose : combien rapportent concrètement les fonds euros en 2024 ? Le constat est net : la plupart des contrats classiques affichent une performance brute comprise entre 2 et 2,5 %, avant impôts et prélèvements sociaux. Les fonds les plus offensifs, portés par une gestion plus dynamique ou une poche immobilière, peuvent atteindre 3 %. Mais la majorité reste dans la retenue, à distance respectable des niveaux d’autrefois.
Cette morosité s’explique par la composition des portefeuilles : la prépondérance des obligations d’État, faiblement rémunérées, pèse lourd. Même avec une timide remontée des taux, l’ajustement prendra du temps, les anciens titres à faible rendement continueront de tirer la moyenne vers le bas. Pour les épargnants, il faudra patienter plusieurs années avant d’espérer un vrai frémissement.
| Type de fonds euros | Rendement brut 2024 |
|---|---|
| Classiques | 2 % à 2,5 % |
| Dynamiques / immobiliers | 2,7 % à 3 % |
La réalité est implacable : pour celui qui cherche à préserver la valeur de son épargne, le fonds euros ne suffit plus. A fortiori dans un contexte où l’inflation grignote chaque point de performance. Les assureurs en sont parfaitement conscients : la sécurité, seule, ne fait plus recette. La recherche d’un rendement réel positif devient le nouveau critère de choix pour les épargnants les plus attentifs.
Alternatives et rôle des PER pour optimiser son épargne retraite
Face au recul des fonds euros, les investisseurs avisés revoient leur stratégie. Quand les garanties ne paient plus, le terrain s’ouvre : unités de compte, PER, livrets réglementés, immobilier papier… Les arbitrages se multiplient pour dynamiser la performance. Les contrats à fonds euros unique perdent du terrain, remplacés par une approche multi-supports, plus adaptée à la volatilité du marché.
Le Plan d’Épargne Retraite (PER) s’impose comme un outil stratégique. Son principal atout : la déduction fiscale à l’entrée, couplée à la liberté de mixer plusieurs types de supports. Voici comment il permet de répartir son épargne :
- fonds euros sécurisés
- unités de compte (actions, obligations d’entreprises, immobilier…)
Ce dispositif donne la main à l’épargnant, qui peut ajuster le curseur entre prudence et performance, selon son profil et son horizon de placement. Mixer PER fonds euros et supports plus dynamiques devient un réflexe, surtout pour qui vise le long terme et accepte une part de risque maîtrisé.
Les assureurs l’ont bien compris : ils misent désormais sur l’accompagnement personnalisé, la gestion pilotée, l’accès à des fonds thématiques ou responsables. Les souscripteurs, eux, réclament des comptes : composition des supports, transparence sur les frais, conseils sur la gestion du risque. L’environnement évolue vite : la hausse des taux redonne de l’attrait aux obligations, mais la volatilité impose de rester vigilant. Les règles du jeu changent, et seuls ceux qui s’adaptent tirent leur épingle du jeu.
La page des fonds euros sans rival se tourne. Reste à savoir qui saura écrire la suite, et avec quels choix d’épargne.


