La France affiche une retenue presque clinique face au Bitcoin : moins de 300 boutiques physiques osent le pas, selon Coinmap. L’Hexagone reste à l’écart là où d’autres pays multiplient les initiatives, et certaines grandes chaînes mondiales, pourtant pionnières ailleurs, hésitent encore à ouvrir la porte aux paiements en cryptomonnaie sur notre territoire. Pourtant, des commerçants indépendants, artisans ou petites enseignes locales, s’emparent du sujet et proposent à leurs clients de régler autrement, une audace qui tranche avec la réserve du commerce traditionnel.
Au-delà de nos frontières, la donne change radicalement. Selon la région du globe, on observe tantôt une adoption rapide et décomplexée, tantôt un rejet catégorique du bitcoin dans la vie courante. Cette mosaïque d’attitudes révèle une réalité : la cryptomonnaie avance à des rythmes très différents selon les cultures, les législations et les mentalités.
Bitcoin, une monnaie qui s’installe progressivement dans le quotidien
Les faits sont là : d’après BTC Map, plus de 11 000 points de vente physiques dans le monde acceptent aujourd’hui le bitcoin. L’Europe, l’Amérique du Nord et l’Amérique centrale dynamisent ce mouvement. En 2021, le Salvador a frappé fort en faisant du bitcoin une monnaie légale ; le Bhoutan, quant à lui, expérimente un système national de paiement en cryptomonnaie, preuve que le changement ne se limite pas à la Silicon Valley ou aux grandes capitales.
En France, la prudence reste la règle. Impossible, par exemple, de recevoir son salaire en bitcoin. Cela n’empêche pas la cryptomonnaie d’entrer, petit à petit, dans la vie courante : quelques restaurants, bars, commerces indépendants ou grands magasins parisiens comme Printemps ou Beaugrenelle tentent l’expérience. Pharmacies, opticiens, enseignes lifestyle : certains testent l’intégration de la blockchain pour enrichir l’expérience client. L’élan reste modeste, mais il gagne du terrain.
L’accélération vient aussi de la technologie : le Lightning Network rend les paiements bitcoin plus fluides et moins onéreux, dissipant progressivement les obstacles techniques. Selon une étude de Springer, l’usage du bitcoin comme moyen de paiement progresse, lentement mais sûrement. Aux côtés d’ethereum et de tether, le bitcoin s’impose dans le paysage des nouveaux actifs numériques, tandis que certaines banques commencent à s’y intéresser pour élargir leur palette de services.
Le contraste est saisissant à l’international. À Prague, 6 % des restaurants acceptent le bitcoin ; à Berlín, au Salvador, le taux grimpe à plus de 70 %. Des plateformes comme Travala permettent de réserver hôtels et vols en cryptomonnaie. Le bitcoin s’installe dans la vie quotidienne, tantôt discrètement, tantôt en rupture totale avec les codes du paiement classique.
Quels types de commerces acceptent le Bitcoin en France aujourd’hui ?
Regardons de plus près les types de commerces bitcoin présents en France. Paris concentre la plupart des adresses “crypto friendly” :
- Des grands magasins tels que Printemps Haussmann ou Beaugrenelle proposent le paiement en cryptomonnaies pour certaines cartes-cadeaux ou achats exceptionnels.
- Au Passage du Grand Cerf, la Rue du Bitcoin réunit des boutiques et ateliers qui font la pédagogie des paiements décentralisés, créant un véritable pôle d’innovation.
Cette dynamique touche aussi des commerces de quartier. On retrouve la Pharmacie Bergère, l’opticien Barnacle Optique, l’horloger Da Vinci Watches, ou encore des enseignes comme S. T. Dupont et Sidney Nichols qui misent sur le paiement en bitcoin (et parfois ethereum). Cette démarche s’adresse à une clientèle ouverte à la nouveauté, souvent internationale, mais séduit aussi une partie des Français en quête d’expériences différentes.
La restauration n’est pas en reste. Plusieurs bars, brasseries, kebabs et food trucks testent l’aventure :
- Johana’s Fish & Chips, Le Carlie, Chez Camille, La Boule Maître Kebabier ou Viande Viande sont présents sur BTC Map.
- Certains établissements du 2e arrondissement de Paris surfent sur la tendance blockchain pour attirer une clientèle branchée.
Les services se modernisent eux aussi. On trouve, par exemple :
- L’imprimerie Seiche Impression, l’hôtel Le Ponthieu, ou encore le réseau de transports toulousain Tisséo qui propose l’achat de tickets de métro en cryptomonnaie.
- Petit à petit, sans fracas, la France inscrit le bitcoin dans le paysage urbain de la consommation.
Tour d’horizon des lieux où dépenser ses bitcoins en France et ailleurs dans le monde
Le maillage mondial évolue vite. Plus de 11 000 commerces physiques dans le monde acceptent le bitcoin, d’après BTC Map. Mais la répartition est loin d’être homogène. À Paris et dans quelques métropoles françaises, des enseignes comme Printemps, Beaugrenelle ou certains restaurants affichent discrètement leur ouverture aux paiements crypto. La tendance reste limitée aux grandes villes, mais elle s’étend.
Sur la scène internationale, certains pays accélèrent la cadence. Le Salvador, pionnier en la matière depuis 2021, a fait du bitcoin une monnaie légale :
- À Berlín (Salvador), plus de 70 % des commerces, de la supérette à la boulangerie, encaissent en BTC.
- À Prague, 6 % des restaurants et 2 % des cafés acceptent ce mode de règlement.
- Le Portugal avance, surtout à Lisbonne et Porto, où cafés et hôtels s’ouvrent au paiement en cryptomonnaie.
- Dubaï mise sur le tourisme crypto, autorisant le paiement numérique dans de nombreux hôtels et attractions.
- En Thaïlande, dès 2025, les touristes pourront régler en cryptomonnaie dans de nombreux établissements.
Le secteur du voyage suit le mouvement. Corsair propose des billets d’avion payables en bitcoin. Sur Internet, des plateformes telles que Travala et Destinia facilitent la réservation d’hôtels, de vols ou d’activités à l’aide d’une large gamme de cryptos. Pour l’équipement de la maison, Overstock accepte les règlements en BTC ; Amazon reste accessible via des solutions comme Bitrefill ou Purse.io, qui convertissent vos bitcoins en cartes-cadeaux.
Les usages numériques se multiplient :
- Shopify, NordVPN, WordPress ou Twitch figurent parmi les services qui, selon les périodes, acceptent le bitcoin pour régler un abonnement ou une prestation.
- Les dons en BTC séduisent des ONG telles qu’UNICEF ou Food for Life Global, et jusqu’en 2022, Wikipédia acceptait aussi ce moyen de contribution.
Conseils pratiques pour utiliser le Bitcoin lors de vos achats
Avant de payer en bitcoin, il faut s’équiper d’un wallet crypto compatible. La plupart des commerces qui acceptent les cryptomonnaies privilégient les solutions mobiles :
- Binance Pay, BitPay, Crypto.com ou Lyzi figurent parmi les applications les plus répandues.
Ces portefeuilles numériques rendent la transaction presque aussi simple qu’un paiement sans contact.
Pensez à vérifier si l’établissement accepte bien le paiement bitcoin. Même dans les quartiers “crypto-friendly”, cela reste minoritaire. Certains affichent un autocollant spécifique sur leur vitrine, d’autres préfèrent la discrétion avec un pictogramme à la caisse. Pour éviter les mauvaises surprises, consultez les cartographies en ligne comme BTC Map, régulièrement actualisées par la communauté.
Sur Internet, l’achat de cartes-cadeaux s’est imposé comme une solution pratique. Des sites comme Bitrefill, Coinsbee ou Moon transforment vos bitcoins en bons d’achat valides chez Amazon, Decathlon ou la SNCF. Un moyen efficace d’offrir ou de s’offrir des produits là où le paiement direct en crypto n’est pas encore proposé.
Quelques réflexes techniques garantissent une expérience fluide :
- Scannez le QR code du commerçant depuis votre application, confirmez le montant et surveillez les frais de réseau. Grâce au Lightning Network, vous pouvez accélérer la transaction et limiter les coûts. Pour des achats à l’étranger, privilégiez des applications reconnues, offrant un service client fiable et une interface simple à prendre en main.
Le bitcoin trace sa route, tantôt discret, tantôt affiché en vitrine : un jour viendra peut-être où payer en cryptomonnaie semblera aussi banal que sortir sa carte bleue. La transition est en marche, chargée de promesses et de questions : à chacun d’imaginer ce que pourrait devenir notre façon de payer demain.


