Euro 2025 : pourquoi la baisse ? Raisons et conséquences

17 février 2026

Un chiffre ne ment pas : au printemps 2024, l’euro a glissé sous son niveau de 2019 face au dollar, défiant les prévisions d’un retour rapide à l’équilibre monétaire. Sur fond d’inflation qui ralentit mais refuse de s’effacer, les écarts de cap entre la Banque centrale européenne et la Réserve fédérale américaine ont précipité cette nouvelle donne sur le marché des changes.

Ce décrochage de la monnaie unique n’épargne personne : entreprises exportatrices ou importatrices, ménages, investisseurs. La compétitivité, le pouvoir d’achat et l’appétit des capitaux internationaux s’en trouvent bouleversés. Déjà, les analystes anticipent de nouveaux ajustements de politique monétaire et budgétaire. Les places financières révisent leur stratégie, les doutes sur la stabilité économique du continent s’immiscent dans les scénarios à moyen terme.

L’euro en 2025 : une monnaie sous pression face aux incertitudes économiques

2025 s’ouvre avec un euro lourd d’incertitudes et de fragilités. Partout, on observe la BCE à la loupe, dans l’attente de décisions monétaires qui pèseront lourd sur la croissance. En France, en Allemagne, en Italie, la reprise post-pandémie cale, laissant la zone euro face à des séquelles persistantes : confiance érodée, finances publiques tendues, investissements en berne.

Doit-on desserrer les taux pour relancer la machine ou maintenir la pression face à une inflation qui, même ralentie, n’a pas totalement disparu ? Les débats font rage. Déjà, le coût du crédit évolue au gré des arbitrages de la BCE, et l’euro voit sa valeur malmenée sur les marchés. De l’autre côté de l’Atlantique, les États-Unis affichent une croissance bien supérieure, le dollar en profite, aspirant les capitaux friands de rendement.

Pour mieux cerner les défis qui s’accumulent, voici trois éléments déterminants :

  • Inflation : elle continue de rogner le pouvoir d’achat, freinant la consommation.
  • Croissance atone : la dynamique de la zone euro reste inférieure à celle de nombreux concurrents internationaux.
  • Banques centrales : des stratégies qui divergent, amplifiant la volatilité monétaire.

Le climat général n’aide pas : déficits publics chroniques, investissements qui ralentissent, confiance qui s’effrite dans la capacité de l’Union européenne à retrouver le chemin de la croissance. Toute inflexion, aussi minime soit-elle, dans le discours ou les actes de la BCE, peut déclencher une nouvelle vague de turbulence sur l’euro.

Quels facteurs expliquent la baisse de l’euro cette année ?

La glissade de l’euro sur les marchés en 2025 ne tient pas au hasard. Plusieurs dynamiques s’imbriquent et créent un effet cumulatif. En premier lieu, l’écart de politique monétaire : la BCE temporise, alors que la Fed affiche une posture nettement plus ferme. Ce différentiel de taux d’intérêt creuse l’écart avec le dollar, qui attire les capitaux en quête de sécurité et de rendement.

Dans ce contexte, trois facteurs principaux ressortent :

  • Inflation persistante : même si la pression sur les prix s’estompe, la BCE reste sur ses gardes. L’assouplissement monétaire se fait attendre, attisant la nervosité sur les devises.
  • Déficits publics élevés : la France, notamment, dépasse largement les seuils européens. Les marchés n’apprécient guère ces dérives budgétaires, ce qui mine la confiance dans la zone euro.
  • Environnement géopolitique : la guerre en Ukraine, loin d’être résolue, continue de peser sur la croissance et la perception du risque pour les investisseurs.

Conséquence directe : l’excédent commercial européen s’effrite, les capitaux se détournent au profit d’actifs jugés plus sûrs. Les attentes vis-à-vis d’une baisse rapide des taux à Bruxelles restent faibles, renforçant l’attrait du dollar. Chaque prise de parole de la BCE ou publication de statistiques américaines influence la trajectoire de l’euro, qui réagit instantanément à la moindre divergence de stratégie entre Francfort et Washington.

Conséquences pour les actifs financiers et l’économie européenne : entre risques et opportunités

La faiblesse de l’euro en 2025 fait bouger les lignes sur les marchés européens. Les exportateurs, notamment ceux du CAC 40 présents à l’étranger, y trouvent leur compte : leurs produits deviennent plus compétitifs, leurs chiffres d’affaires gonflent une fois convertis en euros. Mais ce bénéfice ne s’étend pas à tout le monde.

Côté importateurs, l’addition est salée. Matières premières et produits libellés en dollars coûtent davantage, rognant les marges et forçant parfois à répercuter les hausses sur les prix de vente. Le pouvoir d’achat des ménages s’en ressent, d’autant plus sur les biens importés. La pression s’intensifie avec la montée des droits de douane américains sur certains produits européens, ajoutant une couche d’incertitude.

Les investisseurs, eux, réorientent leurs stratégies. Une partie se tourne vers des valeurs jugées refuges, comme l’or, le bitcoin ou les obligations américaines. Les marchés actions européens restent fébriles. La baisse des taux décidée par la BCE soutient temporairement certains actifs risqués, mais le climat reste instable. Les flux de capitaux varient au gré des annonces, de la croissance mondiale ou de l’actualité géopolitique.

Au final, le tableau reste contrasté : si la faiblesse de l’euro peut relancer certaines exportations, la dépendance accrue aux importations et la dégradation du solde commercial limitent les effets positifs. L’avenir de la croissance européenne dépendra beaucoup des choix des banques centrales et de la gestion des finances publiques.

Jeune femme européenne au café vérifiant les marchés en extérieur

L’euro face au dollar et au yen : quelles perspectives d’ici 2026 ?

L’euro reste balloté sur les marchés de changes, particulièrement face au dollar. L’écart de taux d’intérêt entre les deux zones reste déterminant : la BCE a commencé à assouplir sa politique, alors que la Fed prend son temps. Résultat, le dollar garde l’avantage, et l’euro peine à retrouver de la vigueur.

L’incertitude politique pèse aussi sur l’équilibre. L’éventualité d’une nouvelle présidence Trump aux États-Unis fait craindre de nouvelles barrières commerciales pour les exportateurs européens. Les investisseurs surveillent les élections, anticipent les scénarios et ajustent leurs portefeuilles. L’écart de croissance avec les États-Unis s’accentue, comme le rappellent les dernières notes de Goldman Sachs, qui prévoient une pression durable sur l’euro tant que l’économie américaine maintient sa dynamique.

Face au yen, l’équation change. La Banque du Japon reste prudente, mais le moindre signal de durcissement monétaire pourrait entraîner un affaiblissement supplémentaire de l’euro face à la devise nippone.

Pour résumer les principaux leviers à surveiller dans cette période de flottement :

  • L’écart des taux d’intérêt reste l’élément clé sur le marché des devises.
  • Les annonces des grandes banques centrales, BCE et Fed en tête, dictent le sens des flux financiers.
  • Les politiques commerciales américaines pourraient redistribuer les cartes pour les acteurs européens.

La zone euro va devoir s’habituer à un environnement fragmenté, où l’incertitude et la volatilité s’imposent. L’euro, lui, reste suspendu aux décisions des banques centrales et à la tension permanente des échanges mondiaux. La partie ne fait que commencer.

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